
- ©Handicap International
Trois questions à Wendy Batson, directrice de la section Handicap International aux Etats-Unis.
Comment la population et le gouvernement américains considèrent –ils aujourd’hui leur statut de grande puissance mondiale ?
« Ces dernières années, il y a eu aux Etats-Unis des changements dans l’attitude de l’administration, mais aussi des citoyens. Depuis les guerres en Afghanistan et en Irak, le rôle de “cow-boy international” tenu longtemps par notre pays est fortement remis en cause. Les deux candidats à l’élection présidentielle ne veulent plus que leur pays prenne des décisions unilatérales. Nous leur répondons : “Très bien, bonne idée. Mais vous devez prouver votre volonté en signant le traité d’Oslo.”
Quelle est la position actuelle du gouvernement en ce qui concerne les BASM ?
" La guerre entre Israël et le Liban, en 2006, a mobilisé les Américains autour des désastres causés par les BASM (bombes à sous-munitions). Tout cela a exercé une forte pression sur le gouvernement.
Celui-ci a ainsi été contraint d’adopter une loi en 2007 interdisant tout transfert d’armes à sous-munitions ayant un taux d’échec supérieur à 1%. Après 2018, les Etats-Unis continueront à utiliser les armes à sous-munitions qui ont un taux d’échec de moins de 1%."
Que faites vous pour interdire les BASM ?
"Nous nous servons de l’enthousiasme soulevé par la campagne présidentielle pour faire avancer nos idées.
Par exemple, nous apparaissons aux côtés des candidats, surtout dans les swing states, les États où les résultats sont très serrés et où tout peut se jouer (Floride, Texas…). Les vétérans d’Irak ont également un rôle important. Ils voyagent avec nous dans le pays pour témoigner des effets des BASM. Nous organisons aussi des conférences, tenons des stands d’information. À Washington, nous prenons contact avec les députés pour les convaincre que l’interdiction des BASM est cruciale. »

