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Jean-Marc Boivin, responsable du plaidoyer chez Handicap International, explique le rôle crucial de la mobilisation citoyenne contre les BASM et notamment des signatures de pétition dans le long terme.
A quoi servent les 600 000 signatures de la pétition ?
Ces signatures sont l’expression de citoyens engagés contre la barbarie et la lâcheté des mines antipersonnel et des BASM. Elles accompagnent la dynamique de plaidoyer de Handicap International auprès des décideurs politiques. A court terme, cet appel est destiné au Chef de l’Etat français afin qu’il mette tout en œuvre pour que le traité d’Oslo d’interdiction des BASM - qui doit être signé le 3 décembre 2008 - soit un réel succès en faisant notamment pression sur les Etats européens pour que tous le signent. En tant qu’organisation humanitaire, Handicap International appuie son action de plaidoyer sur deux piliers fondamentaux : - l’expérience du terrain qui donne à l’organisation une crédibilité et une expertise en tant que témoin et acteur auprès des victimes des BASM.
La mobilisation de ces 600 000 citoyens qui appuient sa démarche, lui permet de renforcer sa réelle légitimité.
La pression doit être maintenue pour que le 3 décembre le plus grand nombre d’Etats signent. L’objectif est de montrer que ce refus des BASM n’est pas seulement l’expression d’une organisation humanitaire concernée mais aussi de citoyens engagés. Au début du processus d’Oslo, en 2007, la liste des signataires de la pétition avait été imprimée et remise à l’ensemble des délégations d’Etats présentes (il y en avait alors 40). A Oslo, le nombre de signatures sera communiqué lors d’une manifestation à la communauté internationale (il devrait y avoir entre 110 et 120 délégations d’Etats).
Après le 3 décembre, les pétitions seront-elles encore utilisées ?
Bien entendu, ces signatures serviront bien au-delà d’Oslo. Leur utilisation sera permanente pour l’équipe de Handicap International à l’occasion de ses rencontres avec les différentes autorités françaises et internationales et lors de ses actions d’influence sur les élus, les partis, les parlementaires... Le prochain grand enjeu sera les élections européennes de 2009 : les signatures seront utilisées pour appuyer notre plaidoyer auprès des différentes listes candidates.
Est-ce encore utile de signer la pétition et de se mobiliser après le 3 décembre ?
La signature d’un traité est une simple promesse, un engagement symbolique. Pour qu’il soit mis en œuvre, un traité doit être ratifié par une procédure interne à chaque pays. En France, il faudra remobiliser l’opinion publique pour pousser le Parlement à ratifier ce traité dans les meilleurs délais. La pression ne devra surtout pas se relâcher car, chaque jour, les BASM font de nouvelles victimes. Le 3 décembre sera une première étape mais la ratification est la condition du succès du traité. Il faudra donc continuer la mobilisation avec fidélité et constance, ce qui constitue un travail de longue haleine. Plus que jamais les signatures seront donc importantes Parce que la réalité des populations victimes subsiste, Handicap International a aussi besoin de la solidarité des français pour l’aider à rappeler à l’Etat ses engagements.
Le traité engage notamment les Etats à engager des actions de déminage et à prendre en charge l’assistance aux victimes.
A long terme, le respect des engagements des différents pays sera suivi de près par les ONG et par la société civile.
Enfin, il faut que suffisamment d’Etats ratifient le traité pour qu’il s’impose à terme comme une norme internationale. Dès lors, éthiquement, moralement et politiquement plus aucun Etat n’osera utiliser des armes condamnées par la communauté internationale. 157 Etats ont signé le traité d’Ottawa interdisant les mines anti-personnelles et, grâce à la vigilance des sociétés civiles, celles-ci ne sont quasiment plus utilisées.

